VILLES & VILLAGES

Castellet

A 11 km d'Apt - altitude 465m - 108 habitants.

Situation
Dernière commune du bassin d'Apt(à 13 km par la RN100), accrochée au versant septentrional du Grand Luberon, Castellet s'étire de la rivière Calavon au Mourre Nègre qui culmine à 1125m et offre un panorama magnifique de la Méditerranée à la barre des écrins. Le village lui-même se situe à 460m. La commune jouxte celles de Saint Martin de Castillon à l'est et au nord, d’Auribeau et de Saignon à l'ouest et au-delà de la crête, celle de Cabrière d’Aigues.

Le relief présente deux formes contrastées. D'une part le flanc du Luberon, d'aspect montagnard à pente forte, raviné par l'érosion, oû la roche calcaire affleure sous forme de falaises escarpées, de pierres et d'éboulis. Des combes profondes et sauvages, boisées de chênes et de hêtres convergent vers la crête. D'autre part, un piémont alluvial qui descend en pente faible vers le Calavon. Zone fertile, cultivée depuis des lustres, ce piémont porte les traces du travail acharné des hommes et abrite le village, les hameaux des Gaudins, de Piroublet et du Moulin Rout du Calavon.

Agriculture et artisanat
La principale activité de Castellet repose sur l'agriculture. L’olivier a presque disparu après les dégâts causés par le gel en 1956, 62 et 85. Les arbres fruitiers, amandiers, pruniers et surtout cerisiers résistent encore, mais le melon de côteau se fait rare. La vigne se maintient avec une tendance récente vers le raisin de table. Le lavandin, sensible à la baisse des cours, garde une place importante et permet à une distillerie artisanale de survivre au village.

On peut encore voir dans les combes montagnardes les charbonneries d'où les mulets redescendaient leurs chargements vers la vallée. L'Industrie de la poterie créée en 1728 par le faïencier Moulin a contribué à la réputation du village jusqu'en 1852 et même au-delà.

Loisirs
Le tourisme s’implante de façon discrète, moins vite cependant que dans les villages voisins, sans altérer l'authenticité du village, qui reste le plus montagnard du Luberon. Du pied de la montagne, des sentiers de difficultés variables, mais à pente souvent forte, permettent d'accéder rapidement à la crête et au Mourre Nègre. Marcheurs et randonneurs y trouve un lieu de villégiature idéal. Tout en bas, l'eau fraîche du Calavon au printemps, attire les visiteurs qui pique-niquent à l'ombre des peupliers.

Histoire
Peuplé depuis la préhistoire en particulier par les Gaulois, Castellet, (Castelum Loetum: Château riant)ou simplement CASTEL-L-ITUM) fut soumis vers 121 avant JC par les Romains qui améliorèrent les anciennes routes gauloises. La voie domitienne passait par le Boisset, le hameau des Gaudins et bifurquait au Castrum du Castellet, une partie allant vers Auribeau, l'autre vers Saignon. Des invasions à la Révolution française, les vicissitudes sécuritaires engendrèrent d'importantes fluctuations démographiques (raids Sarrasins de la Garde Freinet au 8e s., pillages des routiers au 14e, dévastations de Raymond de Beaufort fin 14e, troubles des guerres de religion, grande épidémie de peste de 1720) entraînant des vagues de désertion des terroirs, suivies en période de calme, d'appel à nouveaux colons pour repeupler les campagnes. Quant aux familles qui régnèrent sur le village, on retiendra les Comtes de Forcalquier du 12e s. à 1483, la famille des Brancas jusqu'en 1753 et le chirurgien Ailhaud de Lourmarin (anobli en 1758) jusqu'à la Révolution. A cette époque, la population comptait plus de 300 âmes. Elle se remit à baisser avec l'exode rural provoqué par la révolution industrielle, l'essor des voix ferrées, et surtout par l'hémorragie de la grande guerre. En 1949, elle comptait 225 habitants.

Cet aperçu historique permet de mieux comprendre l'enracinement des familles (certaines remontant au 14e), leur attachement au terroir, l'amour jaloux et fier du pays, le respect de la tradition, de la liberté et de l'indépendance sans refuser toutefois les mutations du monde moderne.

Patrimoine
Accroché à la colline, dominé par les vestiges de l'ancien Castel, le village est un dédale de ruelles fleuries ornant de vieilles maisons paysannes. A voir : la maison de César Moulin, l'escalier voûté sur la place du village, l'ancien prieuré, la fontaine, l'église au porche et au chœur de style roman, et hors du village les ruines de la chapelle Sainte Croix, sans oublier l'atelier du sculpteur Edmond Gentoli et celui des aquarelles d'Edmée Radar.